édito

L'indépendance et l'autonomie pour une meilleure année 2017.

Et cela devient une habitude, lorsque l'on devrait être heureux du travail accompli durant toute l'année avec la récompense de la moisson, notre métier ,que nous aimons tous tant, ne nous apporte que désillusion et tracas.
Incompris par une bonne partie de la société gavée de désinformation et d'idées reçues, on est en train de mourrir en silence.
Alors derrière nos gros tracteurs, voilà la réalité économique.(lisez en dessous),qui va tous nous empêcher de nous relever.

Et pourtant nous ne sommes pas cigales mais plutôt du genre fourmis, mais travailler et sacrifier nos vie durant toutes ces années pour investir et faire progresser nos outils, c'est notre choix pour pouvoir encore continuer demain.
Mais cette fois, il se pourrait bien que l'agriculture Française ne se relève pas tant le décalage est grand entre ce que vous voyez de l'extérieur et notre réalité.

Prix des céréales : les producteurs au bord de l’abîme

Entre le 11 juillet et le 21 août 2017, le blé est passé sur le marché à terme de 181,75 € à 152,25 € la tonne, soit une baisse de 29,5 € en un mois et demi. A quelques jours de la tenue des États généraux de l’alimentation, on ne peut que s'interroger gravement sur la situation.
Les agriculteurs ne peuvent plus exercer dans de telles conditions.

Pour sortir de cette situation, la France doit obtenir immédiatement à Bruxelles un doublement du prix d’intervention*, un arrêt complet des importations de céréales en provenance des pays tiers, particulièrement d’Ukraine et de Russie qui profitent de l’absence de préférence communautaire pour déverser leurs excédents au sein des 28 États membres.

Il en va de l’avenir de nos producteurs et de nos productions et des espaces ruraux.

Cette situation catastrophique est hélas le lot de la plupart des secteurs agricoles.

Le prix du blé au départ de la ferme est aujourd’hui de l’ordre de 130 €/tonne. Avec des aides PAC qui correspondent en moyenne à 20 €/t, l’agriculteur obtiendra 150 € par tonne de blé.

Les données Arvalis-Unigrains-CER France sur le rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (page 192, graphique 128) indiquent que le coût de revient du blé à la production serait de 224 €/t pour un rendement de 7,1 tonnes par hectare (estimation FranceAgrimer 2017).
Les agriculteurs perdent donc 74 € pour chaque tonne de blé produite, soit 525 €/ha !

Combien de temps, pourra-t-on tenir dans ces conditions ?

A priori très peu, sachant que les chiffres 2017 reproduisent ceux de 2016 et que les aides PAC baisseront à nouveau d’une dizaine d’euros à l’hectare en 2018 et en 2019. La première conséquence va se manifester par une flambée des redressements judiciaires en agriculture dont l’image de fleuron national appartient désormais au passé parce que victime de l’incurie politique.

* Le prix d’intervention est actuellement de 101,7 € par tonne. C’est un prix non réajusté depuis 1992, Il inclut les marges des organismes stockeurs. Cette valeur n’a plus aucun rapport avec la réalité économique.

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