Les producteurs de grains connaissent-ils les marchés de leurs produits ? Leurs attentes concordent-elles avec la réalité ? À travers un sondage mené à l’occasion du Salon de l’Agriculture, l’Organisation des producteurs de grains (OPG) de la Coordination Rurale a interrogé des agriculteurs sur ces questions. Conclusion : des connaissances floues au sujet des marchés sur lesquels ils évoluent mais des attentes très précises sur ce qu’ils souhaitent pour leur profession.

Il est surprenant de découvrir que les agriculteurs interrogés ont peu de connaissances sur les marchés import/export de leurs produits :

  • indépendance alimentaire : la plupart ne savent pas qu’en matière de grains, céréales et oléoprotéagineux confondus, l’Union européenne est très déficitaire avec des importations bien plus importantes que les exportations.
  • marché du blé européen à l’export : ils ignorent que 90 % des volumes sont destinés au continent africain.
  • développement de l’agriculture ukrainienne : la majorité n’a pas encore intégré le fait que depuis plusieurs années l’Ukraine déverse majoritairement ses excédents céréaliers sur le marché européen : entre 10 et 15 millions de tonnes par an.

 

A contrario, les agriculteurs interrogés démontrent qu’ils savent parfaitement ce qu’ils veulent pour leur profession et revendiquent à l’unanimité la libéralisation du commerce des céréales qui leur permettrait de vendre directement leurs grains sans avoir à passer par un organisme stockeur. Ils sont également opposés aux accords de libre-échange et demandent que l’agriculture soit soustraite des accords commerciaux.

Enfin, plutôt que de continuer à se spécialiser en blé pour exporter au cours mondial sur les pays tiers, ils préféreraient un rééquilibrage des productions en faveur des oléoprotéagineux et une réorientation commerciale sur le marché européen.

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