Les végans, personnes qui ont un régime alimentaire sans-viande ni produits animaux, auront réussi quelque chose d’unique : provoquer un front commun des syndicats agricoles contre eux. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, aura été en fait une goutte de sang : la projection de poches de faux sang, lors du week-end d’ouverture du Sia, sur le stand d’Interbev par des militants d’association de défense animale.

Ras le bol

Lundi dernier, sur ce même stand, face à Bernard Cazeneuve, Premier ministre, Jeremy Decerle, président des Jeunes agriculteurs, a exprimé son ras-le-bol et celui de la profession devant « ces minoritaires qui veulent prendre le pouvoir sur le sujet de la viande, qui prennent les citoyens à partie et ne respectent pas notre métier d’éleveurs ».

 

Les autres syndicats agricoles se sont immédiatement retrouvés sur la même longueur d’onde. Et ont publié ce jeudi 2 mars 2017 un communiqué titré : « front commun pour le respect des éleveuses et des éleveurs », signé donc des Jeunes Agriculteurs, de la Coordination rurale, de la FNSEA et de la Confédération paysanne.

Des poches de faux sang jetées sur le stand d’Interbev

Christiane Lambert, présidente par intérim de la FNSEA, s’en explique : « Huit personnes tout au plus ont projeté ces poches de sang. Mais sous couvert de régime végan, ils veulent en réalité l’arrêt de l’élevage. Les éleveurs, déjà essorés par les crises, n’en peuvent plus de ces attitudes quasi-sectaires ».

 

Bernard Lannes de la Coordination rurale ne dénie à ceux qui le veulent, le droit de manger végan tout en s’interrogeant sur le risque de ces pratiques alimentaires sur la santé des jeunes. « Mais comment des ultras minoritaires peuvent-ils en démocratie imposer leurs délires à une large majorité ? ». Il a réclamé au Premier Ministre, une enquête parlementaire sur ces associations.

 

« Tous les syndicats reprennent les mêmes arguments face à ces attaques », souligne Laurent Pinatel de la Confédération paysanne. « Les éleveurs sont agressés dans leur métier. Non : éleveur n’est pas égal à tueur », s’exclame-t-il.

Front commun

Tous reprochent à plusieurs associations végans de transformer le salon en « une occasion de choix d’intensifier leur campagne de culpabilisation des consommateurs et de stigmatisation des éleveurs ». Les syndicats ne dénoncent pas le véganisme, (chacun choisit) mais estiment que « le prosélytisme orchestré autour du véganisme, n’est pas acceptable ».

 

Les syndicats ne minimisent pas les abus qui existent dans certains abattoirs et les dénoncent. Mais ils soulignent que ces associations « prônent l’arrêt de l’élevage ». Ils rappellent le travail des éleveurs qui entretiennent 13 millions d’hectares de prairies, « joyaux de biodiversité et puits de carbones irremplaçables ». Ils dénoncent cette « minorité de provocateurs » qui agissent au Salon de l’Agriculture. « Nous, syndicats agricoles, demandons ensemble le respect de nos métiers » concluait le communiqué de presse.