Quand les aides compensatoires ne compensent plus...

 

"Pour faire disparaitre une corporation, il suffit de la subventionner..."
J'ai entendu cette phrase lorsque j'étais étudiant en 1992 et elle est en train de montrer son bienfondé.

En 1992, il est décidé au niveau Européen de modifier la gestion et le financement des stocks des produits agricoles. Auparavant leur prix était lissé par un système d'intervention lorsque les prix baissaient au delà d'un seuil défini.
Ce système intervenait peu au final et la comparaison de son coût avec la PAC actuelle n'a jamais été fait.

Les aides compensatoires mises en place en 1992 avaient pour but de compenser un prix de vente des producteurs qui serait en dessous de leur prix de vente de l'époque.
Malgré des montants de l'ordre de 450 €/ha à cette période, cette aide compensatoire ne compensait que partiellement la perte lié à des prix de vente plus faibles qu'avant la réforme.

"Par manque d'habitude", le marché a mis quelques années à baisser et la réforme semblait plutôt positive à cette époque car les revenus ont été conservés. L'envie de se battre au niveau mondial en exportant est devenu prédominante pour la filière qui voulait profiter de ce subventionnement...

26 ans plus tard, l'aide "compensatoire" a diminué de moitié et les contraintes pour y accéder correspondent au minimum à un surcoût de 100 €/ha.

Les revenus sont inférieurs aux aides reçues ce qui reste un exemple que le système est caduque.

La future PAC prévoit encore une baisse de ces "aides compensatoires" avec de nouvelles contraintes.(voir image)

Tous les arguments pour justifier cette baisse sont financiers et donc, démontre une volonté de voir une diminution forte du nombre d'agriculteurs.

Après avoir "obligé" les agriculteurs Français à s'adapter, souvent en s'endettant fortement, on change les règle du jeu, on les accuse chaque jour après jour d'être la cause de tous les maux.

Parions que le destin de l'agriculture biologique fera moins long feu encore car la volonté de prix bas, les déséquilibres Européen et un financement réorienté la conduira dans la même impasse...

Quel gâchis humain.

Cabinet of analys stratégical of market Vitry le François and co

 

 

L'agriculture biologique ne serait elle pas un beau coup marketing ?

 

Lorsque l'on sait qu'il suffirait de sécuriser les frontières pour que les agriculteurs Européens retrouvent fierté et rémunération.
Nous avons l'alimentation la plus sûre au monde et tous les exemples de dérives proviennent d'autres pays extérieurs dont nous importons les produits.

Ecologie en Europe et dégâts irréversibles à l'extérieur ?

OGM, Huile de palme, élevage industriels, déforestation, glyphosate dans les produits agricoles !

Ces éléments là sont impossibles en Europe et pourtant , par de l'importation massive lié à des accords de libre échanges et de l'OMC les consommateurs sont lésés et les agriculteurs Européens ne vivent plus de leurs productions.

Alors arrive le miracle Bio qui transforme l'eau en vin.

A coup de subventionnements promis mais non versés, on fait basculer le maximum d'agriculteurs "conventionnels" vers ce mode de production.

Par l'abondance de produits bio on en fera baisser le prix et la boucle sera enfin bouclée.

Il aurait été tellement plus logique d'améliorer les modes de productions sans tomber dans l'excès.

Car au final, le risque, encore une fois, sera assumé par qui ?

Dans un contexte d'augmentation des échanges commerciaux, de changements climatiques entrainant de nouvelles maladies, de nouveaux ravageurs, d'augmentation de la population mondiale, n'est il pas irresponsable et utopique que de gâcher l'évolution d'une agriculture qui a fait ses preuves pour "sécuriser" l'alimentation du monde au profit d'une agriculture où le risque sera permanent ?

Pour être chaque jour sur le terrain et pour travailler avec la nature, sans jugement ni idées reçues, je me pose ces questions car il y a tant de marges de manoeuvre pour l'amélioration de agriculture "dite conventionnelle" que cela m'interroge.

Le risque va être assumé par qui ?....toujours les mêmes.

Il est temps que l'agriculture et les agriculteurs Européens reprennent la main et ne soient plus orientés et dirigés par des personnes qui ne connaissent la nature que de nom.
Bourrés d'idées reçues et de stéréotypes, le ventre plein, ils affirment mensonges après désinformation que l'agriculture actuelles n'est que désastre et pollution, mauvais produits et pesticides.

"Pauvres fous, ils ont des yeux ils ne voient rien, ils ont des oreilles ils n'entendent rien...."

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